Le bon côté de La Force

Mon sac est bien trop lourd. Je l’ai déjà dit et écrit, mais il devient évident que je ne peux pas continuer la traversée de cette façon. Me manque la force. Dites-moi, Maître, que dois je faire?

« De ce qui faisait ta liberté, te débarrasser tu devras

Tente et couchage abandonner te faudra

Continuer plus léger tu pourras »

Merci, Maître.

Votre conseil je vais suivre…  mais d’arrêter il s’en est fallu d’un…Iota!

Entre le « ça passe pas » et le « j’ai la flemme d’écrire ce soir », je suis un peu à la bourre. Voici donc 4 jours en un.

Dimanche fût rude. Très rude. Après ma semaine allégée, j’ai retrouvé un sac chargé comme jamais. Cette fois, les crampons étaient du voyage. Ils n’auront pas tardé à se montrer utiles. Je craignais un peu le col de Valibierne à plus de 2700 m d’altitude, mais le trouvais presque sans neige. En tout cas, sans difficulté particulière. Ce fut le col du Cap de Lauzet qui m’obligea à les utiliser pour de vrai. Rien de très pentu en fait…mais si on a des crampons, autant les utiliser.

Traversée très sauvage, très peu de monde sinon deux alpinistes sur des crêtes. Plus bas, un groupe d’ados avait planté leurs tentes près d’un lac.

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J’avais beaucoup souffert durant la lente, leeente montée, mais là, je me sentais à nouveau très bien.

J’ai commis l’erreur de vouloir redescendre dans la vallée afin de terminer l’étape.

Arrivé passablement fatigué après deux heures inutiles, j’ai juste eu le temps de monter la tente à l’arrache, me laver dans le ruisseau, manger rapidement et me coucher.

Je l’ai payé dès le lendemain lundi.

Ansi, afin de pouvoir continuer, j’ai sacrifié mon couchage et suis, malgré tout arrivé difficilement au refuge de la Restanque, mais un poil avant l’orage quand même. Il y a bien une justice quelque part!

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Obligation de raccourcir les étapes suivantes et d’écouter davantage ce que dit mon organisme.

Le mardi s’est donc voulu allégé, mais avec 3 heures de route à la fin pour regagner Salardu, je vous en mets quand même pour 7 heures, ça ira?

C’est l’hiver dans les Encantats au dessus de 2300 mètres. Crampons utiles et sens de l’orientation obligatoire. Je me souviens, un jour d’ascension du Montardo tout proche,  avoir du aider 2 espagnols montés sur le sommet sud et ne pouvant plus en redescendre!

Il est des fois où l’on se met bêtement dans des situations compliquées.

Demandez donc à mon ami Cricri coincé au beau milieu d’un couloir glacé avec, aux pieds, des raquettes n’accrochant pas suffisamment. « Va falloir me sortir de là. Je ne peux ni avancer, ni reculer ».

On peut marchander à peu près n’importe quoi dans des moments pareils, si on est du bon côté de la Force!

Mercredi fût donc une vraie journée de récupération sur un trajet Salardu-Pla de Beyret-Refuge Montgarri. J’étais en compagnie d’Alain et Malou appelés au secours afin d’aller récupérer mes affaires laissées au refuge de Conangles (endroit chaud et cosy).

Le moins que je puisse dire est que je m’étais loupé lors du dernier ravitaillement! Une seule paire de chaussettes de marche, 2 paires pour le repos. C’est ce qui s’appelle un message clair, non?

En plus, pas toutes les cartes (en main ou pas d’ailleurs) pas assez  de ceci, trop de cela! Bref, la venue du fourgon était nécessaire.

Il est des fois où l’on se met bêtement dans des situations compliquées.

On peut marchander…

Mais bon, il y avait des cèpes!

Et des troupeaux.

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