Où j’entends parler de l’Ours

6 heures du matin, Plat de Boet près du refuge de Val Ferrera. J’ai été optimiste concernant l’heure du lever du jour. Je viens d’être déposé par Jean,Paul Gaultier et cherche vainement le départ du sentier.

J’espère que vous avez noté la virgule entre les deux prénoms car, bien sûr, il ne s’agit pas du « vrai »!

Après quelques hésitations, je peux me lancer assez rapidement. Le sentier est facile, évident et je constate que je vais être encore une fois tout seul jusqu’au Port de Boet à 2507 mètres d’altitude.

La frontière franchie, je serai en France pour quelques heures. La descente est un peu pénible à cause des rochers glissants et de la neige dure. En contrebas se présente la vallée de Soulcem desservie par une belle piste. Comme je n’ai pas bien suivi les indications du Véron, je suis un vague marquage jaune qui me conduit du mauvais côté du ruisseau. Je domine la vallée et je cherche à apercevoir une hypothétique passerelle, mais en vain. Il va falloir me déchausser.

Cependant, j’ai remarqué  la voiture du berger garé juste sur la trajectoire qui passe près de sa cabane. Il est d’ailleurs présent et je le vois s’occuper des chevaux. Un peu plus tard, alors que je descends toujours dans sa direction, les vaches se regroupent vers la cabane. Comme elles vont aussi devoir traverser le ruisseau , j’imagine qu’elles vont choisir l’endroit le plus propice. C’est donc là que je traverserai aussi avant de rejoindre le berger et son fils.

Nous discuterons un bon quart d’heure de la pluie et de la neige. La transhumance a eu lieu avec un mois de retard et ce sont près de 2000 personnes qui accompagneront les troupeaux à l’estive.

Mais, cette année, un invité spécial a pris part à la fête. Certes, il regardait de loin, mais il était bien là. L’Ours les observait, couché et peu inquiet de voir autant de monde. Depuis lors, il ne s’est plus montré.

Alors que je reprends mon ascension vers le col du Rat, le berger et son fils reprennent leur voiture et commencent leur descente. Arrivés à mon niveau, je vois la vitre se baisser et, me tendant deux gaufres au chocolat,  le berger me dit:

« Tenez,  prenez des forces »

Apparemment, je souris aux hommes aussi.

Arrivé au Port du Rat à 2539 mètres d’altitude sans voir âme qui vive, la situation change du tout au tout. A mes pieds, à quelques centaines de mètres seulement, la station de ski d’Ordino-Arcalis. Je suis en Andorre, troisième pays de la journée. Beaucoup de voitures, télésièges en fonctionnement. La station est moche en été mais de nombreux lacs, plus haut attirent les visiteurs.

J’en profite pour me restaurer et appliquer ensuite les conseils du guide Véron: « 10 kms de route jusqu’à El Serrat. Stop possible en été ».

Un couple de Lyonnais aura pitié de moi.

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