Carozzu

Jour 11, Refuge de Carozzu, midi, fin d’étape. Le gardien déjeune, tranquille, tout seul.

Si nous avons rencontré 9 personnes ce matin, annonçant le début de la saison, nous sommes parmi les premiers à terminer le GR dans le sens Sud Nord.

« Oui, un gars tout seul et deux autres hier soir. Je n’ai  pas vu passer grand monde », commente t’il.

Oui mais bon, le refuge est facile d’accès et certains montent de la vallée depuis Bonifatiu en 2-3 heures juste pour venir voir la célèbre passerelle suspendue a Spasimata.

Et aujourd’hui ne fait pas exception! Ce sont près de 30 personnes qui vont envahir la terrasse pendant plus d’une heure. L’accompagnateur… accompagne le groupe de sa voix tonitruante rompant le charme du lieux.

Puis le calme, et il ne reste que nous. Sieste, douche (froide) et fin d’aprem en terrasse.

Ce matin fut bien beau. Après la montée directe à la boca di Stagnu, cheminement caillouteux jusqu’au col suivant. Superbe pente de neige ensuite avant la dégringolade finale jusqu’à la passerelle.

En chemin nous croisons des cascades et leurs vasques paradisiaques. Je n’ose imaginer les hordes de randonneurs durant l’été.

Tout est si calme, tout est si beau quand la montagne est juste pour nous.

Au refuge, je fais le tour du propriétaire. Sur un des murs de la salle à manger, la liste des guides de haute montagne de l’année courante. J’y vois pelle mêle, Serge Casteran, Anselme Baud, Patrick Gabarrou,  Marcel Leminnicier et Christian Trommsdorff parmi ceux que je connais personnellement.

Et je vais en rajouter un 6 ème à la liste en la personne du gardien, Hugues Griscelli dit Pierrot. Une oreille qui traîne m’apprend qu’il a fait l’Everest.

Alors, nous parlons du pays. Il connaissait bien Patrick Berhault pour avoir fait l’école des guides ensemble et il voit toujours « Le Gab » régulièrement.

Oui mais voilà, si nous parlons souvenirs, Lui, c’est un grand, Lui, c’est un vrai. Au moins 3 sommets de 8000! Everest, Cho Oyu, Nanga Parbat tout ça au début des années 90. Carruzo est le seul refuge du GR20 où flottent les drapeaux à prières népalais, et je comprends à présent pourquoi.

Mais nous parlons aussi de la faune locale.

 

« Nous n’avons pas encore vu de bouquetins » dis-je en marquant mon étonnement. »Chez nous,  il est rare de faire une sortie sans voir le moindre isard ».

« Demain peut-être? Comme vous n’êtes que 3, si vous ne faites pas trop de bruit ».

Ben non, nous ne les verrons pas. Mais Leslie tombera dessus en franchissant un col de beau matin lors d’une petite ballade.

« Ils ne m’ont pas entendu arriver et je les avais à 10 mètres ».

Aujourd’hui elle tient le refuge de Orto di Piubbu, notre dernier sur le GR20. Marie, la gardienne n’est pas là et Leslie pourra seulement nous proposer un plat de lentilles au figatelli comme repas. Mais il nous reste quelques réserves et cela nous évitera de les avoir porté 3 jours pour rien.

Dernière nuit en refuge et demain, réveil 5h, com’ d’hab.

Bonne nuit.

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