J’ai les basques et mouillés

Le Soleil! Oui mais si c’est pour sortir a 19 heures, c’est quand est-ce que quand j’en profite moi? On se moque de qui? Il est vrai que je me suis moins mouillé que ces derniers jours. Quoique, quoi que. Le pays basque à son charme dans la brume si je n’étais pas obligé de patauger dans les chemins transformés en rivières à chercher mon équilibre dans la boue. Ça retarde pas mal le bonhomme même si j’ai enfin retrouvé mes jambes.  J’ai dû faire de gros sacrifices ce matin. Mon sac est trop lourd,  c’est une évidence. J’ai dû me résoudre à me débarrasser de l’inutile, enfin, du pas indispensable. Adieu lentilles, sucre, sel et huile; j’ai refais les niveaux. Vînt le tour des articles pesant dans les 400 grammes… Médicaments et Nutella. J’ai un instant pensé à me les avaler en une seule prise mais à plus de 500 kcal au 100 grammes pour le produit chocolaté, même si ça couvrait un jour de mes besoin journaliers, bonjour l’équilibre alimentaire. J’ai donc gardé les médicaments. Au final, en allant jusqu’à arracher les pages inutiles du guide Veron, le statut du sac à dos est passé de « insupportable » à « portable ». Pour la première fois j’ai pris du plaisir. J’ai pu enfin admirer les paysages, la vue portant un peu plus loin que le bout des chaussures. Certes les sommets restent bouchés mais les cheminements sont pleins de surprises. Ici un troupeau de chèvres, là des moutons. Arrivé dans les hauteurs, beaucoup de chevaux. J’ai vu le berger qui refaisait un enclos et nous avons discuté un moment. Plus loin, une allemande me confirmera où trouver gîte. Ce sera enfin 3 basques et puis…plus personne pendant 3 heures. Mais c’est à partir du moment où je suis rentré dans la brume que j’ai pris un vrai plaisir. La montagne devient soudain irréelle, quelque part entre mystère et légende. Un troupeau de chèvres aux poils très longs, aux cornes magnifiques te regarde passer et disparaît aussitôt. Les poulains effrayés se blotissent et se mettent à téter. Même si la vue est partielle je me plaît dans cette montagne à vaches. Les premiers myrtilliers enfin même si les fruits sont bien loin. Les rares cerises ne sont pas mûres et les fraises n’ont aucun goût. Enfin, ma progression ressemble à quelque chose. Quasi 19 kms aujourd’hui et riche idée que j’ai eu de suivre le GR11. Quand la visibilité baissait vraiment, il me fallait une attention de tous les instants afin de ne pas m’égarer. Bien m’en a pris de ne pas chercher à rejoindre l’itinéraire de la HRP dès aujourd’hui. Je devrais le retrouver demain au niveau du Col de Ronceveau. 

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