Pépé Mujica, Maradona, Suarez et la Fifa.

Ok, je suis un peu dans le Mondial en ce moment mais bon…

La morsure de Luis Suarez sur Giorgio Chiellini lors de la Coupe du Monde a fait le tour de la planète.

J’ai des connaissances en Uruguay pour y être allé une quinzaine de fois et je suis de près les réactions à la sanction donnée à Suarez. Si vous comprenez l’espagnol (le récit est en français), vous allez vous régaler avec  cet article et vidéo . Il faut savoir que Maradona anime une émission pour « Telesur », une chaine vénézuélienne. Il interroge ici Pépé Mujica, le Président de la République Orientale de l’Uruguay. Ca envoi du lourd!

Après cet article et vidéo, je vous présente un peu plus Pépé Mujica tel qu’il m’a été décrit par Bernardo, mon ami uruguayen. Je reprends ici un article que j’avais écris lors de sa prise de pouvoir le  1 mars 2010.

Cette fois aura été la bonne, enfin ! Cela faisait près que 50 ans qu’il attendait ça. José « Pépé » Mujica est devenu président de la République Orientale de l’Uruguay.

Nous sommes dans les années 60 et l’URSS a déjà mis un pied aux Amériques et ne compte pas s’arrêter là. Ernesto « Che » Guevara entame alors une tournée du continent pour recruter et former des guérilleros alors que la CIA, elle, forme les militaires. Quand le Che arrive en Uruguay, Pépé est là et qu’elle n’est pas sa surprise d’entendre le Che dire que, vu le niveau social de l’Uruguay à l’époque, ce pays n’est pas propice à la révolution marxiste!

Qu’à cela ne tienne, Pépé créera l’une des rares guérillas urbaines au monde: les célèbres Tupamaros. Qui n’a pas entendu parler du gang des coccinelles, les célèbres voitures de Volkswagen prenant une raison d’être toute particulière et quasi exclusive des Tupamaros?

Alors qu’en France nous sommes déjà en mai 68 le mouvement Uruguayen prend forme. Las, comme dans de nombreux pays sud américain, la CIA est la plus forte et, en 1973 une junte militaire est mise en place, les Tupamaros jetés en prison, Pépé inclus.

Plus de 10 ans plus tard, le système économique prend l’eau et la junte militaire négocie une porte de sortie avec le retour à la démocratie. Pépé est libéré en 1985. Mais l’homme politique est là, ayant abandonné ses idées extrémistes, il et devenu socialiste à l’image d’Allende au Chili et bien d’autres sur le continent.

Il entre au parlement en 1993 tout en gardant son entreprise de production de fleurs, situé Camino O’Higgins. Et c’est là que l’histoire nous rattrape car, la première ferme du dit « Camino », est celle de… mon ami Bernardo Sans. Bernardo reconnait ne pas bien connaitre Pépé, mais tout de même, il vit à moins de 2 kilomètres de chez lui. Et il en restera ainsi lui qui refuse le palais présidentiel et préfère vivre dans sa campagne. Il y a quelques chances que, à partir du 1 mars, date de son entrée en fonction, l’on voit plus de « Policia » près de chez Bernardo.

Pépé  a toujours été quelqu’un de simple. Il avait coutume d’aller au parlement en moto et qu’elle ne fut pas la surprise de Bernardo de le voir un jour pousser sa moto sur le bas côté : panne sèche.  Bernardo peut à présent se vanter d’avoir remorqué le futur président de l’Uruguay, accroché à la portière droite de sa voiture jusqu’à la station à essence la plus proche. Il a aussi trouvé plusieurs fois  Lucia (madame Pépé) rentrant à pied chez elle, comme l’arrêt de bus est au bout du camino O’Higgins, et l’a ramené chez elle.

C’était une brève histoire de l’Uruguay telle que me l’a racontée Bernardo, et telle que je l’ai comprise. Quelque chose me dit aussi que le camino O’Higgins, même s’il reprend le nom du « Libertador » ne restera ni camino, ni O’Higgins. Mais ça, c’est une autre histoire.

Voilà donc à qui nous avons à faire. Un président qui va jusqu’à aller accueillir le joueur à sa descente d’avion. Pépé Mujica essaye de remettre les choses dans leur contexte avec une verve et un recul que ne peuvent pas avoir les dirigeants de la Fifa.

Je suis finalement arrivé à me faire une opinion. Le Foot permet avant tout aux gens ordinaires de rêver et en cela, il a valeur d’exemple. Mais il est entre les mains de dirigeants « bien pensants » qui se croient obligés de suivre l’opinion publique et surtout celle des médias. Il y a des fautes bien plus graves que de mordre quelqu’un. Regardez la finale de la dernière Coupe du Monde en 2010 où un tacle au thorax d’un joueur Hollandais sur un Espagnol n’a même pas été sanctionné.

Mordre quelqu’un ne fait pas montre de méchanceté. Il est plutôt l’affaire d’un sale gosse, d’un enfant avant qu’il soit devenu adolescent. Et, quand on voit le comportement du mordu au cours de sa carrière, je serais plutôt d’avis de dire qu’il ne l’a pas volé! Je suis un non violent dans l’âme, mais je souffre des gens tout sourire par devant et qui vous descendent par derrière.

Alors finalement, la vérité ne sortirait-elle pas de la bouche des enfants ?

 

Du coup, Bernardo et moi sommes à égalité! Je vais lui dire que, s’il me mors, je lui mets un coup de boule

 

Et allez, tant qu’on y est : Zidane y va marquer

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