Le pied

La chaussure, c’est bien la priorité première que doit avoir tout bon marcheur. J’ai même pensé à inclure les produits d’entretien dans les ravitaillements.

Je ne repars pas tous les jours avec chaussures et chaussettes sèches mais bon, tout fini par être acceptable au bout d’un moment. Jusqu’ici, j’ai bien eu quelques échauffements mais il semblerait que j’ai de bons pieds.

Je vais aujourd’hui vous raconter quelques histoires de pieds et chaussures.

J’ai tout d’abord un ami qui s’est aperçu en arrivant chez lui, après avoir conduit près de 2 heures, qu’il avait toujours ses chaussures de montagne aux pieds!  C’est lui qui m’avait conseillé cette marque et m’avait affirmé que l’on s’y sentait comme dans des pantoufles.

Je veux bien le croire. Justement, il m’est arrivé de m’apercevoir, une fois sur le lieu de mon travail que j’étais en charentaises! Quelqu’un, dont je tairai le nom, y est arrivé en chaussons roses. Pas mieux.

Mais j’ai plus improbable à vous raconter!

Février 1984, New Zealand, South Island, glacier du Mount Cook.

Le petit avion de 6 places dans lequel je suis assis est enfin arrivé à trouver un créneau météo et a pu décoller. J’ai patiemment attendu à l’hôtel Hermitage, dans l’espoir de ce vol. C’est aujourd’hui ou jamais. Demain, je retourne à Christchurch et repars pour l’Europe.

Cependant, j’ai un petit souci. Ma semaine dans l’Isle du Sud a été très riche en événements sportifs, surtout nautiques. Très en avance sur les autres pays, et quelques années avant d’inventer le saut à l’élastique, les Kiwis proposent déjà le rafting et les hors bords à turbines. J’ai eu un peu de mal à garder mes deux paires de chaussures sèches.

Arrivé donc la veille au complexe hôtelier, je suis parti sur un sentier sensé me donner une belle vue sur les environs du sommet de la Nouvelle-Zélande. Le temps pluvieux et la végétation rase mais dense achevèrent ma dernière paire de chaussure.

Soudain, un flash aveuglant, l’avion venait de sortir des nuages. Là, sur le côté, se dressait le Mount Cook aux arêtes fines et aériennes. La neige s’étendait de toutes parts. Le spectacle était réellement à couper le souffle. J’ai souvent survolé les montagnes depuis lors, mais rien n’égalera jamais ce vol là.

Je n’avais pas bien compris la nature du vol. Enfin, je n’en étais pas très sûr. Au bout d’un quart d’heure,  l’avion commença par survoler un immense glacier, puis, après un virage serré, revint en s’en inverse. Je vis soudain, semblant sortir de nulle part, des skis se positionner à la place des roues. Nous allions atterrir!

Un dernier virage, l’avion glissa doucement sur la neige et s’immobilisa. Nous allions à présent descendre faire quelques pas et pouvoir admirer un spectacle sur ses 360 degrés.

Je fus pris alors d’un gros sentiment de frustration. Comme je prenais pied sur le glacier, j’en vins à regretter ma semaine aquatique et ma ballade de la veille. J’étais monté dans l’appareil avec, aux pieds, la seule paire de chaussures sèches à ma disposition.

Je foulais un glacier pour la première fois de ma vie, et j’étais en charentaises.  

A présent, je n’achète plus que des Croc’s. 

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2 réponses à Le pied

  1. René dit :

    Bonjour Gilles
    Félicitations pour ton blog,Raymond viens de me donner l’adresse .Par ailleurs il m’a dit
    que tu cherchais des cartes espagnoles.Je suppose que tu as un iPad la dernière mise a jour de iphigenie permet de les télécharger .
    C’ est formidable le progrès .
    Je vais maintenant te suivre à la trace.
    René

  2. Juliette dit :

    Bon courage à toi et à bientôt de la part de Juliette!

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